samedi 13 juillet 2013

Vivre à Naples

J'ai enfin acheté mon billet d'avion (ça fait bizarre de prendre un aller simple...) : je pars le 17 septembre. J'aurai donc un peu plus d'une semaine pour trouver un appartement là-bas, parce que je dois me rendre à un séminaire à Turin du 27 au 29 et parce que mon contrat commence le premier octobre.

Il me reste alors deux mois pour m'organiser : demander ma carte d'assurance européenne, changer de carte de crédit, réviser mon italien, et tant qu'à faire, passer mon code de la route pour être tranquille - non, je ne passerai jamais mon permis là-bas ! Si deve essere pazzo... !*


Vivre à Naples, c'est se baigner du 20 avril au 7 octobre. Vivre à Naples, c'est faire les courses au marché du quartier le dimanche matin et ne jamais prendre au sérieux une provocation. [...] Vivre à Naples,c'est mieux que de travailler à Naples : ici, le travail s'appelle fatigue. [...] Tu peux te réveiller à l'odeur du café, avec une bonne sflogliatella chaude sous le palais, pour bien commencer la journée. Tu peux voir soixante et onze panoramas différents. [...] Tu peux acheter n'importe quel type d'objet, interdit ou introuvable ailleurs.Vivre à Naples, c'est essayer une  pizza que tu n'avais jamais goûté avant (même si tu habites à Naples depuis des années). Manger à Naples, c'est ne dépenser que cinq euros au restaurant. Vivre à Naples, c'est ne réfléchir au week-end que quand il arrive, et ne rien devoir organiser. C'est choisir entre mille endroits différents à voir en sachant que, peut-être, tu n'arriveras jamais à les voir tous. [...] Tu trouveras des gens qui d'abord t'ignoreront mais qui seront toujours là pour toi en cas de besoin. Tu trouveras de la musique, de l'art, de l'histoire. [...] Tu trouveras une idée à chaque coin de rue, une occasion perdue à chaque lampadaire, une frustration à chaque fenêtre. [...] Riches de Naples, pauvres de Naples, faux riches de Naples et faux pauvres de Naples. Se perdre à Naples, c'est aussi difficile que s'enivrer avec le rhum du baba. Arriver à Naples, c'est se prendre un ballon en pleine tête alors que tu marches tranquillement. Aimer Naples, c'est un sourire après la tempête [...] Vivre à Naples, c'est penser à tout, si ce n'est Naples. Vivre à Naples, c'est le seul moyen de comprendre "puis mourir".

(Texte: Claudio Agrelli, très mauvaise traduction : perso)

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* il faudrait être fou... !

mercredi 10 juillet 2013

Les vacances



Après avoir accepté le poste à Vico, je me suis rendue sur place avec ma copine Cyrielle pour voir un peu la ville... Hé bien je n'ai pas été déçue ! Je m'attendais à beaucoup de choses, mais même en étant préparé, Naples fout une belle claque à quiconque débarque chez elle...
Quelques premiers détails m'ont marqué : les motos/Vespa à profusion, l'heure tardive des repas (déjeuner à 15h, repas à 22h, avec parfois un bon "goûter" genre pizza entre les deux), la chaleur (ça change de Nancy...!), les églises partout, les images de la Madonne à chaque coin de rue...

Voici un récapitulatif vite fait de ma semaine :

Samedi, arrivée à Capodichino à 21h, avec deux heures de retard. I. et L. viennent nous chercher en moto (petit moment d'appréhension, je n'en avais jamais fait...) et on repart dare-dare... avec les deux valises  sur la moto ! On arrive chez I. où on dépose nos affaires, avant de ressortir manger notre première pizza : la vera pizza napolitaine, un peu liquide à cause de la sauce au pomodoro (tomate) avec une pâte fine comme du papier, qu'on plie en deux pour éviter la catastrophe... Il est 23h, les françaises ont la tête dans le cul, mais les italiens les entraînent à une petite soirée chez des amis... jusqu'au petit matin.



Dimanche, réveil tardif. Déjeuner à 15h (!!!) : pâtes tomate-palourdes avec salade de poulpe (non, ce n'est pas le meilleur remède à la gueule de bois...)
Première balade dans le vieux Naples, premières surprises...



Et première glace à la Scimmia ("guenon" en VF, sympa), sur la Piazza Carità !

Le soir venu, direction la Marina dell'Acqua Morta avec la bande de copains d'I.





J'en ai profité pour goûter l'Aperol Spritz (apéritif de Venise au prosecco et à l'eau de Seltz), conseillé par Cyrielle qui, elle, a découvert le Cosmo (pas très local, mais Sex and the City oblige).




Lundi, longue balade dans Chiaia, le long de la mer (en espadrilles, sinon c'est moins drôle. Je vous laisse imaginer l'état des iep en question) : on passe par la Villa Communale, un parc avec plein de palmiers (c'est mon kiff à moi, chacun son truc) et une statue de mon pote Vico :



On s'arrête à la pizzeria Rossopomodoro (après l'effort, etc...) où des touristes français font chier le serveur, on rit sous cape...



On finit par rentrer à la casa d'où j'appelle ma prof de français pour fixer un rdv au surlendemain. Je stresse un peu mais elle est super sympa, très spontanée et m'annonce direct qu'elle enseignait dans ma fac il y a quelques années (c'est ouf comme le monde est petit, eh) ! On se retrouvera au Vomero le mercredi en fin d'aprèm, ce qui nous laisse le temps de visiter un peu avant.


Mardi, journée plage à Sperlonga, à quasi deux heures de voiture de Naples. Les mecs ont pensé à tout : panini, fritatta (notre gratin de pâtes/omelette), bouteille d'eau, crème solaire, parasol, petite chaise, frisbee, ballon... Bref, on sent les habitués ! L'eau est fraîche, le soleil tape fort, et évidemment je me chope des coups de soleil de malade (mais je te jure Maman, j'ai mis de la crème !). On finit par s'endormir, plus personne sur la plage... On remonte les marches et là c'est le drame : la grille est fermée ! Donc impro d'une petite séance d'escalade. C'est l'aventure !



Mercredi, direction le Vomero : on prend le funiculaire pour la colline avec une vue pas dégueue sur tout Naples. On commence à descendre des marches qui n'en finissent pas, un mec (bourré ?) chante à tue-tête, on remonte vers le centre : beaucoup de magasins, beaucoup de monde... Après, direction la villa Floridiana, avec un belvédère (on galère à faire des panoramas), une fontaine avec des tortues dedans (!!!) et des chats errants qui se cachent dans les buissons.



Je retrouve mes profs qui m'offrent un caffè del Nonno (un café froid avec de la poudre de cacao dessus, un délice !) et avec qui je discute du poste, du programme, etc. J'avais peur d'un accent italien à couper au couteau mais ça allait... ! J'apprends que les anciens assistants n'ont jamais eu le cœur de quitter la ville...
Une chambre dans un grand appartement en face du lycée m'attend si je le souhaite mais j'aimerais vraiment avoir mon coin à moi (ça s'avère difficile quand je me rends compte que tout ce que je trouve est à vingt minutes de marche de Vico)...


Jeudi, journée shopping entre filles : Cyrielle et moi sommes plutôt raisonnables (surprenant), on ne s'est pas ruiné. On voulait prendre un mime en photo devant le Benetton (avec un tag "Parla con Gesù" au-dessus de sa tête, avouez que ça rendait bien) et ils nous a engueulé comme des malpropres (j'ai dit "stronzo" en partant, super fière).
Dégustation de glaces (encore !) à Casa Infante (Nutella + banana split = grosse tuerie), on était aux anges...





Pour faire du shopping, c'est pas compliqué : via Roma/Toledo (tout le long) où vous trouverez les classiques du genre H&M, Pull&Bear, Benetton, Zara et tutti quanti; et Via Chiaia pour les trucs un peu plus typiques (jolies boucles d'oreille qui me font regretter de ne pas être percée...) ou du moins moins connus.
Le soir, sortie à Puzzuoli pour manger des panini ÉNORMES dans un restau très sympa qui s'appelle Kapital (ouais, des rois de l'orthographe les Italiens, eh ? blague de lettreux, très haut niveau), où tous les panini ont des noms de capitales ("aaaaah ! c'est pour ça !") et où la déco (photos des quatre coins du monde) est pas mal du tout.
On m'explique que Puzzuoli est connue pour ses tremblements de terre verticaux (ça a un nom scientifique, ne comptez pas sur moi pour vous le sortir), je suis méga rassurée. Des feux d'artifice pètent de partout et sans raison, mais à la fin, on s'y fait ("c'est quelqu'un qui sort de prison").
Des mecs nous draguent Cyrielle et moi, c'est assez drôle, on nous repère de loin (ah, les charmes de l'accent belge !).


Vendredi, dernier jour (ça passe vite) : direction une autre plage (en moto), très différente de Sperlonga (beaucoup de monde, rochers, etc). Je "bronze" en T-shirt pour survivre. La seule personne aussi blanche/rouge que moi sur la plage est... une touriste anglaise. On boit du Limoncello (genre de liqueur au citron, mais ça a le goût de paradis en vrai) entre deux bateaux, des mecs nous accostent (quel succès !), les "nôtres" rappliquent (quels gentlemen !).




Retour en moto, je me brûle le mollet avec le pot d'échappement en descendant (non ça n'arrive pas qu'à moi, il paraît que c'est fréquent !), je douille sec (prenez toujours de la Biafine avec vous en Italie : soit pour les coups de soleil, soit pour les brûlures de moto, c'est indispensable).


Soirée à la casa, billard, bières et grosses poilades. Coucouche panier très tard (ou plutôt très tôt) qu'on regrette amèrement cinq heures plus tard, au réveil, pour se rendre à l'aéroport...




Je n'écris pas tout mais je n'oublie rien : un grand grazie à Ivan, Anto, i genitori, Riccardo, Marco, Maria, Edu, Luca, Martina, Manlio, Claudia, Mattia, Federica et tous les autres ! Ci vediamo presto ;)

mardi 9 juillet 2013

Primo


Tout a commencé cet hiver, quand j'ai appris qu'on cherchait des étudiants motivés pour faire de l'assistanat en Italie. Pas assez de volontaires dans les licences d'italien, qu'à cela ne tienne, les recherches se sont élargies à ma licence, celle de Lettres.
J'ai déposé mon dossier au CIEP (Centre International d'Études Pédagogiques) en mettant comme premier choix régional la Campanie, et puis, au bout de plusieurs mois d'attente, jusqu'au mois de juin dernier, j'ai enfin eu la confirmation : j'étais prise à Naples, au lycée classique Gian Battista Vico, en plein cœur du centre historique... !




Pourquoi Naples ? 
Parce que j'ai le goût de l'inconnu et que je n'avais voyagé qu'en Italie du Nord (Milan, Turin, région des lacs...), mis à part un petit voyage scolaire au collège qui n'était pas mémorable (visite de Pompéi et ascension du Vésuve, ça oui; le reste, c'est le flou total). 
Parce que j'aime les clichés, les images toute faites, et parce que la mauvaise réputation de Naples lui colle à la peau : une ville sale, dangereuse, pauvre... Ça me semblait réducteur, ça piquait ma curiosité, il fallait que je vois ça de mes propres yeux.
(Et parce que je suis en contact régulier avec un Napolitain pas mal du tout aussi, c'est un sacré bonus, ça.)

C'est quoi, être assistant ?
D'après mon contrat, je m'occupe de plusieurs classes (le lycée italien est composé de cinq classes, contre trois seulement chez nous) pour, en tout et pour tout, douze heures par semaine (oui c'est pas beaucoup, ça va être dolce farniente cette année... !).
Mon travail est divisé en catégories : primo, travaux de littérature (commentaires dirigés avec synthèse, questions de réflexion/interprétation, etc); secundo, les préparatifs pour l'examen du DEFL (le CLES français, en quelque sorte, avec des épreuves de compréhension et expression orales et écrites, divisées en 4 niveaux, A1, A2, B1 et B2); et terzio, tout ce qui touche aux programmes d'échange avec les écoles de Toulon et Bordeaux. 
Bref, ce n'est que douze heures hebdomadaires, mais je ne vais quand même pas m'ennuyer...