jeudi 24 octobre 2013

'a iurnata è 'nu muorzo (la journée est une bouchée)




J'ai enfin visité le Castel dell'Ovo cette semaine ! Il me faisait de l’œil, celui-là...   

 

Extrait du Routard, pour le côté culturel : "La légende veut que Virgile y ait déposé un œuf en or dans une carafe de verre, elle-même enfermée dans une cage en fer. Il recommanda aux habitants de ne jamais y toucher sous peine d'un cataclysme qui dévasterait la ville. Mais, en 1343, une tempête frappa de plein fouet le château et sema la panique chez les Napolitains, obligeant Jeanne d'Anjou à y placer un second œuf. En 1370, rebelote. Depuis, Naples tient encore debout grâce au château de l’œuf..." 
(même ça, ça me file la dalle)



Et comme d'habitude...


Après une longue ballade au Lungo Mare (une habitude maintenant... hein Ade ?!), retour au  centre historique en passant par Piazza del Gesù Nuovo et mes petites ruelles fétiches près de Via dei Tribunali, où les graffitis colorés explosent de partout...



...Et si vous êtes des oufs dingues de sucreries comme Bibi, laissez-vous tenter par la meilleure pâtisserie de Naples, piazza San Domenico Maggiore : Scaturchio ! Leur croissant au miel (et à plein d'autres trucs mais j'ai pas compris ce qu'a dit la meuf) est une TUERIE (oui, comme la sauce Ricotta et Noix. Oui, j'utilise souvent le mot "tuerie" en parlant de bouffe)...



Cette ville est tout un secret. "C'est une ville de sang, dit-il, comme Jérusalem." Oui, oui, on est obsédé par le sang, les gens le mettent dans leurs blasphèmes, dans leurs insultes, ils le mangent même cuit et puis vont le vénérer dans les églises. Les femmes surtout prononcent frénétiquement ce mot, le sang. Et même la sauce du dimanche est si noire, si épaisse, qu'elle lui ressemble. 



Gigino le dégoûtant est en train de faire des pizzas pour tout Naples, il y a du monde devant le four. Il fait froid et lui, bras nus, travaille la pâte à coups de claques et de pirouettes tout en pivotant distraitement vers le feu où, au vol, avec la pelle, il retourne dix pizzas en deux secondes. Pour appeler les gens, il fait son cri : "song'e ppizze 'e sott'o Vesuvio, nc'è scurruta 'a lava 'e ll'uglio", pour dire qu'il met autant d'huile qu'il coule de lave du Vésuve. Comme ça les gens attendent plus volontiers et se mettent en appétit avec les exagérations de don Gigino. 
On l'appelle 'o fetente, le dégoûtant, parce qu'il porte la barbe et qu'on trouve parfois un poil noir dans la pizza.


(Et ceci est une pizza frite. TREMBLEZ PAUVRES MORTELS)

Lui, il continuerait bien à me parler, mais 'a iurnata è 'nu muorzo soupire t-il et il dit pour finir que le sel de mer est amer comme celui de la sueur et qu'aucun des deux n'est bon pour l'eau des pâtes.

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extraits en italique : Montedidio, Erri de Luca

vendredi 18 octobre 2013

Primo mese : check




Rien de neuf sous le soleil (brûlant : 27°C et des poussières quand je mangeais en terrasse lundi et... Bosser ? Travailler ? Che cazzo dici?!!!*)

Le travail, parlons-en : je n'ai qu'un emploi du temps provisoire plutôt cool relax (je travaille du mardi au vendredi) divisé plus ou moins en trois grands axes. Cours de français basique, cours de littérature française et cours d'histoire française (Ce dernier étant naturellement dispensé en italien. Logique). Je me fais petit à petit une place mais c'est encore loin d'être gagné : disons que pour l'instant je suis en phase d'observation dans certaines classes et je me sens littéralement inutile. L'ambiance est relativement sympa, le lycée est grand sans être labyrinthique, et la salle des profs est un microcosme pas mal folklo. Et que ça sirote du caffè, et que ça clope, et que ça raconte son week-end ; j'ai l'impression d'être passée du côté obscur de la porte et ça me plaît assez !


 Le trajet est répétitif et j'ai déjà mon petit rituel : aller en métro (Dante-Museo-Materdei-Salvator Rosa, symphonie du matin), retour a piedi par les escaliers et les petites ruelles...


J'attrape au vol des petites scènes de la vie quotidienne : de vieux amis qui se retrouvent pour un café (« E dai, un caffè ! » « Vabbuò, un caffè e me ne vado...** »), les guirlandes de linge, les odeurs de bouffe... 



En parlant de bouffe, ici, c'est limite une religion de s'asseoir et de profiter de son assiette. Adeline (assistante au Vomero) me disait qu'en se baladant dans la rue avec une pomme à la main, on l'avait regardé de travers... (Sinon je viens de découvrir une sauce Barilla Ricotta & Noix à se taper le cul par terre tellement c'est une tuerie !)

Mon italien s'améliore trèèèès lentement mais je ne me désespère pas (encore). Hier soir, je suis allée dans un pub où tout le monde parlait anglais, bonne ambiance et tout mais c'était compliqué de passer d'une langue à l'autre (même si théoriquement, la bière aide. Théoriquement).

Ma semaine en vrac : balades le long de la mer, shopping compulsif (t'inquiète Maman j'ai pas fait péter la banque), Nuit Blanche au Vomero (TROP. DE. MONDE), grands moments de solitude au lycée, plâtrées de pâtes devant la trilogie du Parrain... En bref, la Dolce Vita... !

Ça fait déjà un mois que je suis arrivée mais j'ai l'impression d'être partie depuis super longtemps... 

A presto les enfants !

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* dans ma tête, ça se rapproche assez de "méputinkesstudila ?!!!"
** "allez, un café !" "ok, juste un alors, et puis je m'en vais..." (généralement le mec est toujours là deux heures plus tard, soit dit en passant...)

...et rien de tel qu'une bonne petit bière napolitaine pour fêter le week-end !




lundi 7 octobre 2013

CASA DOLCE CASA

Et voici mon nouveau chez-moi en images... !





A bientôt pour de nouvelles aventures...

dimanche 6 octobre 2013

Dolce farniente






Je vous écris un petit peu à la bourre (on ne change pas une équipe qui gagne) mais je voulais attendre de trouver un appartement avant de mettre à jour les nouvelles. C'est chose faite ! Oui je sais, j'ai pris mon temps... Je pensais attaquer les visites dès mon arrivée mais laissez-moi vous faire part de ma découverte : cette ville est maudite ! Elle sent trop bon les vacances, elle pousse à la farniente ! (Comment ca, j'essaye de justifier ma paressse légendaire ?)



La ville me plait toujours autant, mélange de New York (pour sa tendance aux verticales qui nous écrasent un peu), Istanbul et Kathmandou (pour l'aspect de certains quartiers délabrés) ou Paris (pour sa circulation anarchique)... mais au fond, j'ai beau chercher, Naples reste Naples, et c'est encore assez délicat de lui coller des adjectifs bien tranchés.



Voilà plus de deux semaines maintenant que je suis ici et je commence un peu à me situer dans la ville, moi qui n'ai aucun sens de l'orientation, c'est pas mal !
Mon appartement se trouve en plein centre, dans via Roma, au niveau de la Piazza Dante, donc tout est à portée de main ! Ce n'est pas très grand mais ca a été un vrai coup de coeur...



J'ai passé le week-end du 28 à Turin pour assister au séminaire des assistants : bonne ambiance malgré une bouffe dégueue et une ville vraiment pas attirante...J'étais déjà allée dans le Nord après mon bac, il y a trois ans, et Turin m'avait bien plu, mais je n'avais pas matière à comparer. Maintenant je peux vous le dire : par rapport à Naples, c'est mort de chez mort !



Pour ce qui est du travail, c'est encore assez compliqué : entre un emploi du temps qui n'est pas encore bien défini, les trucs administratifs bien chiants (type code fiscal) et les marches du métro qui sont tout bonnement interminables, il va falloir que je me fasse au rythme...

Je vous montrerai très vite à quoi ressemble mon chez moi, promis !

Ciao !

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Légende des photos :
1) Piazza del Plebiscito à la tombée du jour = méga coup de cuore
2) Piazza San Gaetano
3) La ruelle sur laquelle donne ma fenêtre... Pas trop typique, ça va !
4) Musée du cinéma à Turin
5) Mon meilleur pote