mercredi 11 décembre 2013

Métro boulot dodo

En ce moment, mes matins sont rythmés par ça – que j'entends quasi tous les jours dans le métro (bon avouez que ça pourrait être pire comme vision du matin, le chanteur est pas mal quand même)

Après bien des aventures, j'ai enfin été payée ! (Mieux vaut tard que jamais, hein...)

Mes parents ont passé deux semaines à Naples et sur les îles (Capri, Ischia,Procida) et j'en ai profité pour faire pas mal de visites avec eux...



Photo 1 : chartreuse de San Martino au Vomero (compter deux heures pour tout faire, c'est énorme)
Photos 2 et 3 : le port de Procida (comme vous le voyez, temps de merde)
Photo 4 : Pompéi (déjà fait il y a huit ans au collège, toujours pareil : crevant ! et pas mal de trucs fermés, dommage)
Photo 5 : Herculanum, un coup de cœur. Beaucoup mieux conservée que Pompéi, la ville a été ensevelie sous une coulée de boue de vingt mètres après l'éruption du Vésuve en 79. Musée virtuel sympa aussi, mais à éviter si vous avez le mal de mer (j'ai cru mourir)
Photo 6 : Capri. Chic et cher. Mais on a beau dire Capri c'est fini, Capri, bah, c'est joli, quand même.

...Bien sûr, il y a d'autres photos (928, pour être précise... Big up à "Flash" Daddy) et j'ai vu tellement de choses que je saurais bien incapable de faire une liste. 
Je dois avouer que j'ai un peu le blues de mon chez-moi français... que je vais bientôt retrouver pour les vacances de Noël ! J'ai hâte de boire du vin chaud au marché de la place Maginot, de manger les restes du repas de famille devant l'Année des Guignols, de lire sous le plaid du salon le Stephen King que ma mère m'a conseillé, etc. Bref, J-10 !
Et ici, Noël commence à s'installer petit à petit dans la ville, sapins kitsch qui clignotent, crèches artisanales qui fleurissent de partout, struffoli à chaque coin de rue (j'ai goûté, c'est un peu lourd).

J'ai eu 22 ans mardi et déjà de beaux cadeaux... (et c'est même pas fini) : je suis pourrie gâtée ! Grazie mille !


 








dimanche 17 novembre 2013

Una settimana sotto la pioggia





Ciao ragazzi ! Depuis quelques temps, fa proprio un tempo di merda qui... Bon, je sais, je me plains alors que vous, laggiù...

(Ça se passe de commentaires...)

Tout ça pour dire, Naples sous la pluie, c'est vachement moins péchu. Plus de ballades au Lungo, plus de lunettes de soleil au bout du nez (il y a encore des cons qui les mettent mais dans le MÉTRO, je demande une explication) et les vendeurs de parapluie se frottent les mains comme des gros sadiques qui préparent un mauvais coup.
Mais Naples restant Naples, il y a toujours une solution de repli. Et le plan B de lundi c'était le MADRe, alias le musée d'art moderne, via Settembrini.



 Bon plan d'ailleurs, vu que le musée rencontre pas mal de soucis budgétaires et tout, l'entrée est gratis.

Et moi qui ne suis pas trop fan de l'art contemporain en général, je n'ai pas été déçue : pas mal de choses à voir, beaucoup de couleurs, de l'idée, etc.

Vous m'excuserez le peu de photos, mais avec ma veine habituelle, je suis tombée en rade de batterie au bout de dix petites minutes... On ne change pas une équipe qui gagne. (Non, je n'avais pas pris des piles de rechange sur moi. Non, je n'ai pas de tête. Oui, je parle toute seule)




Le MADRe était un des musées que j'avais noté sur ma to-do list napolitaine, entre autres trucs que j'espère faire assez rapidement :
- Le musée archéologique
- Le musée de Capodimonte
- La chartreuse de San Martino
- Castel Sant'Elmo
- Capri
- Ischia
- Procida
[...]



Le lendemain, mardi, découverte de la bibliothèque de Naples, piazza del Plebiscito, un vrai petit bijou :


(Les photos ne sont pas de moi, grazie Google Images)


(Des vieux livres partout. Paradis des lettreux. L'Institut de la fac, à côté, c'est de la gnognotte)

Mercredi et jeudi, début des ennuis : un tuyau d'eau qui pète chez moi, court-circuit, frigo qui lâche, et pour finir, chauffaud qui explose (j'étais en dessous, c'était fun). Le proprio répare ça en claquant des doigts, j'ai de la chance dans mon malheur... !
Jeudi soir, petite exposition de peinture au café littéraire de Piazza Bellini, le NEA. (Et bien sûr, après, comme d'habitude, qui dit Bellini dit Spritz !)



Vendredi, après deux heures de cours assez relax et une aprèm de farniente bien au chaud à regarder Grey's Anatomy avec un bon caffè, je suis sortie avec Adeline, Nassira et ses colocs pour assister à un concert de musique traditionnelle napolitaine : une énergie de ouf, des danseurs improvisés dans le public, des castagnettes qui claquent de partout et une bonne humeur généralisée ! 
J'ai filmé quelques chansons mais le son est pourri, voilà un morceau du groupe pour vous donner une idée du truc :



Et quand même une petite vidéo (qualité Samsung, les gars !) d'Ernesto et Monica pour vous montrer l'ambiance :


Ci sentiamo !

jeudi 7 novembre 2013

"L'autunno caldo" ou le début des emmerdes



(Je tiens à préciser que tout ce qui suit n'est PAS entièrement mon opinion personnelle mais un mix de points de vue prof/élève)


On m'avait déjà parlé à plusieurs reprises d'un phénomène un peu spécial au lycée: l'occupazione. Che cazzo è ? 
L'occupation, pour la faire courte, c'est quand les élèves font un genre de grève: ils viennent en cours mais ils ne travaillent pas; ils occupent vraiment le bâtiment, pour vous dire, ils vont parfois jusqu'à dormir dans l'enceinte du lycée ! Pourquoi, comment ?! 

Pourquoi, c'est simple. En France, les profs font grève pour telle ou telle réforme qui ne leur correspond pas, en Italie, les élèves se rebellent parce que le rythme de travail est trop soutenu. On pourrait dire qu'ils exagèrent (c'est ce que je pensais au début), mais maintenant que je """travaille""" (les guillemets sont ici essentiels) depuis un peu plus d'un mois, je vous assure que ça se justifie. J'ai été soufflée par le savoir encyclopédique des élèves, qui avalent leurs cours et vous les recrachent par cœur, sans toujours les comprendre : les profs peuvent avoir tendance à gaver les étudiants de dates, d'événements ou de connaissances pas forcément faciles à assimiler. L'année scolaire est divisée en deux : quatre mois (septembre-décembre) de cours intensifs, avec une longue série d'examens en janvier à la clé, puis quatre autres mois (février-juin) où les têtes ne sont plus à l'étude mais aux voyages scolaires, aux vacances, etc, les cours sont moins tendus. Et c'est ce déséquilibre dans l'année qui mène, au mois de novembre/décembre, à une angoisse et un ras-le-bol généralisés, et donc, à l'occupation. 

Comment, là, ça se corse. Parce que c'est des badass, les italiens : contrairement aux Français qui se contenteraient de sécher bêtement les cours, les Ritals ont le choix entre plusieurs méthodes. Parmi le trèèèès large spectre de ces solutions (ils ont de l'imagination, ils ne me déçoivent pas), j'ai pu les voir à l’œuvre : sitting (photo ci-dessous) où règne une atmosphère bon enfant et légèrement beatnik, ou alors (et c'est là que c'est badass), la méthode de gros bourrin, j'ai nommé: la Creolina. 
Au cas où vous n'êtes pas un gros maniaque du ménage (I know that feel, bro), la créoline est un puissant désinfectant à base de soude et qui, si je peux me permettre, schlingue sa race. Alors bon, à Sigis (mon doux lycée Nancéien), on avait quelquefois droit à des boules puantes. Bien ouèj, les gars. Sauf que la créoline, soude oblige, c'est pas le top au niveau santé : qui dit soude dit produit irritant dit vapeurs nocives etc etc (donc ex-sigisien, avec tes boulettes, rentre chez toi, ta mère t'a fait des boulettes). Suite du joyeux programme : les élèves étalent de la créoline sur les murs, en badigeonnent les salles, et c'est partie pour la rigolade. Le temps de tout nettoyer, de faire toutes les démarches, de sécuriser tout le toutim et de faire rentrer les élèves... c'est pratiquement les vacances de Noël. 

(J'ai structuré cet article comme les cours que je donne, déformation professionnelle)
C'est un peu synthétisé mais vous avez une vue d'ensemble sur l'environnement de mon travail, comme ça ! (Vous avez vu, c'est le bordel, eh...)

Nous n'en sommes maintenant qu'aux amuse-gueules, une partie des élèves est encore assez motivée  (j'ai fait "classe" hier à quatre élèves, puis à sept...) mais aujourd'hui par exemple je suis venue au lycée pour rien, la créoline avait déjà fait son œuvre et j'ai croisé plein d'élèves en liberté devant la bouche du métro... Qui vivra verra, je me demande bien d'ici combien de temps Vico sera occupato...






jeudi 24 octobre 2013

'a iurnata è 'nu muorzo (la journée est une bouchée)




J'ai enfin visité le Castel dell'Ovo cette semaine ! Il me faisait de l’œil, celui-là...   

 

Extrait du Routard, pour le côté culturel : "La légende veut que Virgile y ait déposé un œuf en or dans une carafe de verre, elle-même enfermée dans une cage en fer. Il recommanda aux habitants de ne jamais y toucher sous peine d'un cataclysme qui dévasterait la ville. Mais, en 1343, une tempête frappa de plein fouet le château et sema la panique chez les Napolitains, obligeant Jeanne d'Anjou à y placer un second œuf. En 1370, rebelote. Depuis, Naples tient encore debout grâce au château de l’œuf..." 
(même ça, ça me file la dalle)



Et comme d'habitude...


Après une longue ballade au Lungo Mare (une habitude maintenant... hein Ade ?!), retour au  centre historique en passant par Piazza del Gesù Nuovo et mes petites ruelles fétiches près de Via dei Tribunali, où les graffitis colorés explosent de partout...



...Et si vous êtes des oufs dingues de sucreries comme Bibi, laissez-vous tenter par la meilleure pâtisserie de Naples, piazza San Domenico Maggiore : Scaturchio ! Leur croissant au miel (et à plein d'autres trucs mais j'ai pas compris ce qu'a dit la meuf) est une TUERIE (oui, comme la sauce Ricotta et Noix. Oui, j'utilise souvent le mot "tuerie" en parlant de bouffe)...



Cette ville est tout un secret. "C'est une ville de sang, dit-il, comme Jérusalem." Oui, oui, on est obsédé par le sang, les gens le mettent dans leurs blasphèmes, dans leurs insultes, ils le mangent même cuit et puis vont le vénérer dans les églises. Les femmes surtout prononcent frénétiquement ce mot, le sang. Et même la sauce du dimanche est si noire, si épaisse, qu'elle lui ressemble. 



Gigino le dégoûtant est en train de faire des pizzas pour tout Naples, il y a du monde devant le four. Il fait froid et lui, bras nus, travaille la pâte à coups de claques et de pirouettes tout en pivotant distraitement vers le feu où, au vol, avec la pelle, il retourne dix pizzas en deux secondes. Pour appeler les gens, il fait son cri : "song'e ppizze 'e sott'o Vesuvio, nc'è scurruta 'a lava 'e ll'uglio", pour dire qu'il met autant d'huile qu'il coule de lave du Vésuve. Comme ça les gens attendent plus volontiers et se mettent en appétit avec les exagérations de don Gigino. 
On l'appelle 'o fetente, le dégoûtant, parce qu'il porte la barbe et qu'on trouve parfois un poil noir dans la pizza.


(Et ceci est une pizza frite. TREMBLEZ PAUVRES MORTELS)

Lui, il continuerait bien à me parler, mais 'a iurnata è 'nu muorzo soupire t-il et il dit pour finir que le sel de mer est amer comme celui de la sueur et qu'aucun des deux n'est bon pour l'eau des pâtes.

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extraits en italique : Montedidio, Erri de Luca

vendredi 18 octobre 2013

Primo mese : check




Rien de neuf sous le soleil (brûlant : 27°C et des poussières quand je mangeais en terrasse lundi et... Bosser ? Travailler ? Che cazzo dici?!!!*)

Le travail, parlons-en : je n'ai qu'un emploi du temps provisoire plutôt cool relax (je travaille du mardi au vendredi) divisé plus ou moins en trois grands axes. Cours de français basique, cours de littérature française et cours d'histoire française (Ce dernier étant naturellement dispensé en italien. Logique). Je me fais petit à petit une place mais c'est encore loin d'être gagné : disons que pour l'instant je suis en phase d'observation dans certaines classes et je me sens littéralement inutile. L'ambiance est relativement sympa, le lycée est grand sans être labyrinthique, et la salle des profs est un microcosme pas mal folklo. Et que ça sirote du caffè, et que ça clope, et que ça raconte son week-end ; j'ai l'impression d'être passée du côté obscur de la porte et ça me plaît assez !


 Le trajet est répétitif et j'ai déjà mon petit rituel : aller en métro (Dante-Museo-Materdei-Salvator Rosa, symphonie du matin), retour a piedi par les escaliers et les petites ruelles...


J'attrape au vol des petites scènes de la vie quotidienne : de vieux amis qui se retrouvent pour un café (« E dai, un caffè ! » « Vabbuò, un caffè e me ne vado...** »), les guirlandes de linge, les odeurs de bouffe... 



En parlant de bouffe, ici, c'est limite une religion de s'asseoir et de profiter de son assiette. Adeline (assistante au Vomero) me disait qu'en se baladant dans la rue avec une pomme à la main, on l'avait regardé de travers... (Sinon je viens de découvrir une sauce Barilla Ricotta & Noix à se taper le cul par terre tellement c'est une tuerie !)

Mon italien s'améliore trèèèès lentement mais je ne me désespère pas (encore). Hier soir, je suis allée dans un pub où tout le monde parlait anglais, bonne ambiance et tout mais c'était compliqué de passer d'une langue à l'autre (même si théoriquement, la bière aide. Théoriquement).

Ma semaine en vrac : balades le long de la mer, shopping compulsif (t'inquiète Maman j'ai pas fait péter la banque), Nuit Blanche au Vomero (TROP. DE. MONDE), grands moments de solitude au lycée, plâtrées de pâtes devant la trilogie du Parrain... En bref, la Dolce Vita... !

Ça fait déjà un mois que je suis arrivée mais j'ai l'impression d'être partie depuis super longtemps... 

A presto les enfants !

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* dans ma tête, ça se rapproche assez de "méputinkesstudila ?!!!"
** "allez, un café !" "ok, juste un alors, et puis je m'en vais..." (généralement le mec est toujours là deux heures plus tard, soit dit en passant...)

...et rien de tel qu'une bonne petit bière napolitaine pour fêter le week-end !




lundi 7 octobre 2013

CASA DOLCE CASA

Et voici mon nouveau chez-moi en images... !





A bientôt pour de nouvelles aventures...

dimanche 6 octobre 2013

Dolce farniente






Je vous écris un petit peu à la bourre (on ne change pas une équipe qui gagne) mais je voulais attendre de trouver un appartement avant de mettre à jour les nouvelles. C'est chose faite ! Oui je sais, j'ai pris mon temps... Je pensais attaquer les visites dès mon arrivée mais laissez-moi vous faire part de ma découverte : cette ville est maudite ! Elle sent trop bon les vacances, elle pousse à la farniente ! (Comment ca, j'essaye de justifier ma paressse légendaire ?)



La ville me plait toujours autant, mélange de New York (pour sa tendance aux verticales qui nous écrasent un peu), Istanbul et Kathmandou (pour l'aspect de certains quartiers délabrés) ou Paris (pour sa circulation anarchique)... mais au fond, j'ai beau chercher, Naples reste Naples, et c'est encore assez délicat de lui coller des adjectifs bien tranchés.



Voilà plus de deux semaines maintenant que je suis ici et je commence un peu à me situer dans la ville, moi qui n'ai aucun sens de l'orientation, c'est pas mal !
Mon appartement se trouve en plein centre, dans via Roma, au niveau de la Piazza Dante, donc tout est à portée de main ! Ce n'est pas très grand mais ca a été un vrai coup de coeur...



J'ai passé le week-end du 28 à Turin pour assister au séminaire des assistants : bonne ambiance malgré une bouffe dégueue et une ville vraiment pas attirante...J'étais déjà allée dans le Nord après mon bac, il y a trois ans, et Turin m'avait bien plu, mais je n'avais pas matière à comparer. Maintenant je peux vous le dire : par rapport à Naples, c'est mort de chez mort !



Pour ce qui est du travail, c'est encore assez compliqué : entre un emploi du temps qui n'est pas encore bien défini, les trucs administratifs bien chiants (type code fiscal) et les marches du métro qui sont tout bonnement interminables, il va falloir que je me fasse au rythme...

Je vous montrerai très vite à quoi ressemble mon chez moi, promis !

Ciao !

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Légende des photos :
1) Piazza del Plebiscito à la tombée du jour = méga coup de cuore
2) Piazza San Gaetano
3) La ruelle sur laquelle donne ma fenêtre... Pas trop typique, ça va !
4) Musée du cinéma à Turin
5) Mon meilleur pote



mardi 10 septembre 2013

J-7




Dans sept jours, à la même heure, je serai dans l'avion Bâle-Naples (enfin, inch'allah, on parle d'Easyjet, là...)

Il me reste encore pas mal de choses à faire. L'épreuve tant redoutée de la valise a été un vrai cauchemar (non vraiment, j'en rêve la nuit, vous savez, quand il faut s'asseoir dessus pour fermer et que tout dégueule sur les côtés). De toute façon, je crois que je peux faire une croix sur tout ce qui est gros pulls et écharpes en laine, hein...

L'achat de mes billets de train Naples/Turin (pour mon séminaire à la fin du mois) a aussi été une franche partie de rigolade. 
(Petite astuce : vous pouvez acheter directement sur le site de la SNCF des billets "internationaux", j'étais pas au courant, et je dois dire que ça m'a évité de tourner folle dingue)

Sinon, je continue à réviser mon italien, ce qui est pas une mince affaire (non, il suffit pas de rajouter des o ou des a à la fin des mots ! Magari...!*)

Ci vediamo fra poco** !
;)


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* si seulement... !
** on se voit bientôt !

lundi 26 août 2013

L'attesa


Plus que trois semaines avant que j'échange ça...



 ...contre ça :


(Rien qu'à la couleur du ciel, on voit que c'est pas le même croquant, hein !)

Il me reste encore plein de choses à faire mais, fidèle à moi-même, je ne le ferai qu'à la dernière minute...  Chi va piano va sano e va lontano*.
Le plus dur reste à venir : la translation dressing-valise risque d'être compliquée...

Nell'attesa**, révisons nos classiques :


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* (mot à mot) : "qui va lentement va sainement et va loin" (ouais, dis comme ça, ça fait tout de suite moins rêver...)
** en attendant

samedi 13 juillet 2013

Vivre à Naples

J'ai enfin acheté mon billet d'avion (ça fait bizarre de prendre un aller simple...) : je pars le 17 septembre. J'aurai donc un peu plus d'une semaine pour trouver un appartement là-bas, parce que je dois me rendre à un séminaire à Turin du 27 au 29 et parce que mon contrat commence le premier octobre.

Il me reste alors deux mois pour m'organiser : demander ma carte d'assurance européenne, changer de carte de crédit, réviser mon italien, et tant qu'à faire, passer mon code de la route pour être tranquille - non, je ne passerai jamais mon permis là-bas ! Si deve essere pazzo... !*


Vivre à Naples, c'est se baigner du 20 avril au 7 octobre. Vivre à Naples, c'est faire les courses au marché du quartier le dimanche matin et ne jamais prendre au sérieux une provocation. [...] Vivre à Naples,c'est mieux que de travailler à Naples : ici, le travail s'appelle fatigue. [...] Tu peux te réveiller à l'odeur du café, avec une bonne sflogliatella chaude sous le palais, pour bien commencer la journée. Tu peux voir soixante et onze panoramas différents. [...] Tu peux acheter n'importe quel type d'objet, interdit ou introuvable ailleurs.Vivre à Naples, c'est essayer une  pizza que tu n'avais jamais goûté avant (même si tu habites à Naples depuis des années). Manger à Naples, c'est ne dépenser que cinq euros au restaurant. Vivre à Naples, c'est ne réfléchir au week-end que quand il arrive, et ne rien devoir organiser. C'est choisir entre mille endroits différents à voir en sachant que, peut-être, tu n'arriveras jamais à les voir tous. [...] Tu trouveras des gens qui d'abord t'ignoreront mais qui seront toujours là pour toi en cas de besoin. Tu trouveras de la musique, de l'art, de l'histoire. [...] Tu trouveras une idée à chaque coin de rue, une occasion perdue à chaque lampadaire, une frustration à chaque fenêtre. [...] Riches de Naples, pauvres de Naples, faux riches de Naples et faux pauvres de Naples. Se perdre à Naples, c'est aussi difficile que s'enivrer avec le rhum du baba. Arriver à Naples, c'est se prendre un ballon en pleine tête alors que tu marches tranquillement. Aimer Naples, c'est un sourire après la tempête [...] Vivre à Naples, c'est penser à tout, si ce n'est Naples. Vivre à Naples, c'est le seul moyen de comprendre "puis mourir".

(Texte: Claudio Agrelli, très mauvaise traduction : perso)

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* il faudrait être fou... !

mercredi 10 juillet 2013

Les vacances



Après avoir accepté le poste à Vico, je me suis rendue sur place avec ma copine Cyrielle pour voir un peu la ville... Hé bien je n'ai pas été déçue ! Je m'attendais à beaucoup de choses, mais même en étant préparé, Naples fout une belle claque à quiconque débarque chez elle...
Quelques premiers détails m'ont marqué : les motos/Vespa à profusion, l'heure tardive des repas (déjeuner à 15h, repas à 22h, avec parfois un bon "goûter" genre pizza entre les deux), la chaleur (ça change de Nancy...!), les églises partout, les images de la Madonne à chaque coin de rue...

Voici un récapitulatif vite fait de ma semaine :

Samedi, arrivée à Capodichino à 21h, avec deux heures de retard. I. et L. viennent nous chercher en moto (petit moment d'appréhension, je n'en avais jamais fait...) et on repart dare-dare... avec les deux valises  sur la moto ! On arrive chez I. où on dépose nos affaires, avant de ressortir manger notre première pizza : la vera pizza napolitaine, un peu liquide à cause de la sauce au pomodoro (tomate) avec une pâte fine comme du papier, qu'on plie en deux pour éviter la catastrophe... Il est 23h, les françaises ont la tête dans le cul, mais les italiens les entraînent à une petite soirée chez des amis... jusqu'au petit matin.



Dimanche, réveil tardif. Déjeuner à 15h (!!!) : pâtes tomate-palourdes avec salade de poulpe (non, ce n'est pas le meilleur remède à la gueule de bois...)
Première balade dans le vieux Naples, premières surprises...



Et première glace à la Scimmia ("guenon" en VF, sympa), sur la Piazza Carità !

Le soir venu, direction la Marina dell'Acqua Morta avec la bande de copains d'I.





J'en ai profité pour goûter l'Aperol Spritz (apéritif de Venise au prosecco et à l'eau de Seltz), conseillé par Cyrielle qui, elle, a découvert le Cosmo (pas très local, mais Sex and the City oblige).




Lundi, longue balade dans Chiaia, le long de la mer (en espadrilles, sinon c'est moins drôle. Je vous laisse imaginer l'état des iep en question) : on passe par la Villa Communale, un parc avec plein de palmiers (c'est mon kiff à moi, chacun son truc) et une statue de mon pote Vico :



On s'arrête à la pizzeria Rossopomodoro (après l'effort, etc...) où des touristes français font chier le serveur, on rit sous cape...



On finit par rentrer à la casa d'où j'appelle ma prof de français pour fixer un rdv au surlendemain. Je stresse un peu mais elle est super sympa, très spontanée et m'annonce direct qu'elle enseignait dans ma fac il y a quelques années (c'est ouf comme le monde est petit, eh) ! On se retrouvera au Vomero le mercredi en fin d'aprèm, ce qui nous laisse le temps de visiter un peu avant.


Mardi, journée plage à Sperlonga, à quasi deux heures de voiture de Naples. Les mecs ont pensé à tout : panini, fritatta (notre gratin de pâtes/omelette), bouteille d'eau, crème solaire, parasol, petite chaise, frisbee, ballon... Bref, on sent les habitués ! L'eau est fraîche, le soleil tape fort, et évidemment je me chope des coups de soleil de malade (mais je te jure Maman, j'ai mis de la crème !). On finit par s'endormir, plus personne sur la plage... On remonte les marches et là c'est le drame : la grille est fermée ! Donc impro d'une petite séance d'escalade. C'est l'aventure !



Mercredi, direction le Vomero : on prend le funiculaire pour la colline avec une vue pas dégueue sur tout Naples. On commence à descendre des marches qui n'en finissent pas, un mec (bourré ?) chante à tue-tête, on remonte vers le centre : beaucoup de magasins, beaucoup de monde... Après, direction la villa Floridiana, avec un belvédère (on galère à faire des panoramas), une fontaine avec des tortues dedans (!!!) et des chats errants qui se cachent dans les buissons.



Je retrouve mes profs qui m'offrent un caffè del Nonno (un café froid avec de la poudre de cacao dessus, un délice !) et avec qui je discute du poste, du programme, etc. J'avais peur d'un accent italien à couper au couteau mais ça allait... ! J'apprends que les anciens assistants n'ont jamais eu le cœur de quitter la ville...
Une chambre dans un grand appartement en face du lycée m'attend si je le souhaite mais j'aimerais vraiment avoir mon coin à moi (ça s'avère difficile quand je me rends compte que tout ce que je trouve est à vingt minutes de marche de Vico)...


Jeudi, journée shopping entre filles : Cyrielle et moi sommes plutôt raisonnables (surprenant), on ne s'est pas ruiné. On voulait prendre un mime en photo devant le Benetton (avec un tag "Parla con Gesù" au-dessus de sa tête, avouez que ça rendait bien) et ils nous a engueulé comme des malpropres (j'ai dit "stronzo" en partant, super fière).
Dégustation de glaces (encore !) à Casa Infante (Nutella + banana split = grosse tuerie), on était aux anges...





Pour faire du shopping, c'est pas compliqué : via Roma/Toledo (tout le long) où vous trouverez les classiques du genre H&M, Pull&Bear, Benetton, Zara et tutti quanti; et Via Chiaia pour les trucs un peu plus typiques (jolies boucles d'oreille qui me font regretter de ne pas être percée...) ou du moins moins connus.
Le soir, sortie à Puzzuoli pour manger des panini ÉNORMES dans un restau très sympa qui s'appelle Kapital (ouais, des rois de l'orthographe les Italiens, eh ? blague de lettreux, très haut niveau), où tous les panini ont des noms de capitales ("aaaaah ! c'est pour ça !") et où la déco (photos des quatre coins du monde) est pas mal du tout.
On m'explique que Puzzuoli est connue pour ses tremblements de terre verticaux (ça a un nom scientifique, ne comptez pas sur moi pour vous le sortir), je suis méga rassurée. Des feux d'artifice pètent de partout et sans raison, mais à la fin, on s'y fait ("c'est quelqu'un qui sort de prison").
Des mecs nous draguent Cyrielle et moi, c'est assez drôle, on nous repère de loin (ah, les charmes de l'accent belge !).


Vendredi, dernier jour (ça passe vite) : direction une autre plage (en moto), très différente de Sperlonga (beaucoup de monde, rochers, etc). Je "bronze" en T-shirt pour survivre. La seule personne aussi blanche/rouge que moi sur la plage est... une touriste anglaise. On boit du Limoncello (genre de liqueur au citron, mais ça a le goût de paradis en vrai) entre deux bateaux, des mecs nous accostent (quel succès !), les "nôtres" rappliquent (quels gentlemen !).




Retour en moto, je me brûle le mollet avec le pot d'échappement en descendant (non ça n'arrive pas qu'à moi, il paraît que c'est fréquent !), je douille sec (prenez toujours de la Biafine avec vous en Italie : soit pour les coups de soleil, soit pour les brûlures de moto, c'est indispensable).


Soirée à la casa, billard, bières et grosses poilades. Coucouche panier très tard (ou plutôt très tôt) qu'on regrette amèrement cinq heures plus tard, au réveil, pour se rendre à l'aéroport...




Je n'écris pas tout mais je n'oublie rien : un grand grazie à Ivan, Anto, i genitori, Riccardo, Marco, Maria, Edu, Luca, Martina, Manlio, Claudia, Mattia, Federica et tous les autres ! Ci vediamo presto ;)