Extrait du Routard, pour le côté culturel : "La légende veut que Virgile y ait déposé un œuf en or dans une carafe de verre, elle-même enfermée dans une cage en fer. Il recommanda aux habitants de ne jamais y toucher sous peine d'un cataclysme qui dévasterait la ville. Mais, en 1343, une tempête frappa de plein fouet le château et sema la panique chez les Napolitains, obligeant Jeanne d'Anjou à y placer un second œuf. En 1370, rebelote. Depuis, Naples tient encore debout grâce au château de l’œuf..."
Et comme d'habitude...
Après une longue ballade au Lungo Mare (une habitude maintenant... hein Ade ?!), retour au centre historique en passant par Piazza del Gesù Nuovo et mes petites ruelles fétiches près de Via dei Tribunali, où les graffitis colorés explosent de partout...
...Et si vous êtes des oufs dingues de sucreries comme Bibi, laissez-vous tenter par la meilleure pâtisserie de Naples, piazza San Domenico Maggiore : Scaturchio ! Leur croissant au miel (et à plein d'autres trucs mais j'ai pas compris ce qu'a dit la meuf) est une TUERIE (oui, comme la sauce Ricotta et Noix. Oui, j'utilise souvent le mot "tuerie" en parlant de bouffe)...
Cette ville est tout un secret. "C'est une ville de sang, dit-il, comme Jérusalem." Oui, oui, on est obsédé par le sang, les gens le mettent dans leurs blasphèmes, dans leurs insultes, ils le mangent même cuit et puis vont le vénérer dans les églises. Les femmes surtout prononcent frénétiquement ce mot, le sang. Et même la sauce du dimanche est si noire, si épaisse, qu'elle lui ressemble.
Gigino le dégoûtant est en train de faire des pizzas pour tout Naples, il y a du monde devant le four. Il fait froid et lui, bras nus, travaille la pâte à coups de claques et de pirouettes tout en pivotant distraitement vers le feu où, au vol, avec la pelle, il retourne dix pizzas en deux secondes. Pour appeler les gens, il fait son cri : "song'e ppizze 'e sott'o Vesuvio, nc'è scurruta 'a lava 'e ll'uglio", pour dire qu'il met autant d'huile qu'il coule de lave du Vésuve. Comme ça les gens attendent plus volontiers et se mettent en appétit avec les exagérations de don Gigino.
On l'appelle 'o fetente, le dégoûtant, parce qu'il porte la barbe et qu'on trouve parfois un poil noir dans la pizza.
(Et ceci est une pizza frite. TREMBLEZ PAUVRES MORTELS)
Lui, il continuerait bien à me parler, mais 'a iurnata è 'nu muorzo soupire t-il et il dit pour finir que le sel de mer est amer comme celui de la sueur et qu'aucun des deux n'est bon pour l'eau des pâtes.
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extraits en italique : Montedidio, Erri de Luca
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