vendredi 23 mai 2014

San Carlo



Enfin! Hier soir, je suis allée au Théâtre San Carlo avec Ivan pour voir Pagliacci, mon opéra préféré (dont je suis tombée sous le charme quand il est passé à Nancy, il y a sept ans). 

Un petit résumé de la pièce pour ceux qui ne connaissent pas [attention spoilers!]:
Une troupe de théâtre, menée par Canio (qui joue le rôle de Pagliaccio), met au point une pièce où Pagliaccio découvre l’infidélité de sa meuf Colombine (rôle joué par Nedda, qui est vraiment la meuf de Canio). Le truc, c'est que dans la "vraie vie", Nedda fait vraiment cocu Canio avec Silvio, qui joue un villageois dans la pièce. A la fin, selon le script, Pagliaccio doit tuer Colombine et son amant, sauf que la fiction et la réalité se confondent et paf, Canio tue "vraiment" Nedda et son lover. Du coup, personne se rend compte de rien. Capiche? (C'est un peu confus, je l'avoue).

Bref, le truc important à retenir, c'est la mise en abyme: c'est du théâtre dans du théâtre, poupées russes à la sauce italienne. J'ai d'ailleurs remarqué que le chœur des villageois applaudissaient en même temps que le public (d'ailleurs, on n'est pas censé ne pas applaudir sauf à la fin? mon monde s'écroule)

Mais globalement, je dois avouer que j'ai été assez déçue. J'aime tellement cet opéra que j'ai du placer la barre trop haut. Bon, déjà, on était très très mal placés (en haut, sur le côté, deuxième rang, on ne voit pratiquement rien), les chanteurs m'ont paru soit trop maniérés soit pas assez puissants, et la mise en scène trop branchée "cirque", longuette, superficielle. J'ai attendu fébrilement le "vesti la giubba", chant essentiel de Canio/Pagliccio, et une fois de plus, je n'étais pas vraiment satisfaite. Bon, pour être honnête, je m'étais habituée à la plus belle version de toutes, celle du grand, de l'unique Caruso:



Après tout, ce n'est que mon avis perso, j'ai beau adorer l'opéra, je n'y connais pas grand-chose après tout! Ça ne doit pas vous dégoûter, il faut y aller, comparer, essayer. D'ailleurs, je compte bien aller voir "Il Medico dei pazzi", farce napolitaine, le mois prochain à l'opéra de Nancy. Des amateurs?

Pour ce qui est de San Carlo en lui-même, le bâtiment est sublime, il y a pas à tortiller. Et la prochaine fois, je prendrai une place bien devant pour profiter à fond du spectacle...



mercredi 21 mai 2014

Italy is Eataly

Si on devait résumer Naples en trois mots clé (et c'est pas facile), ce seraient bouffe, foot et foi. 
(Belle allitération en F... merde alors, la fac de lettres me manque)

Le foot bien sûr : les couleurs de l'équipe (bleu et blanc) sont visibles partout, petits et grands, même les meufs (!) font des tifosi enragées, et les soirs de match, c'est la folie. Moi qui n'ai pas la télé, je peux dire quand un but a été marqué rien qu'en entendant les klaxons/pétards qui pètent de partout dans le quartier... et c'est de nouveau le silence. J'aime pas le foot et j'y comprends approximativement quedal – généralement quand je croise un écran géant un soir de match j'ai envie de crier « fuori gioco ! Fuori gioco ! » pour me fondre dans la masse, mais la dernière fois qu'on m'a expliqué ce qu'était un hors-jeu, j'ai cru faire un black out tellement ça me dépassait.
Une fois le match (partita) gagné, Naples explose une nouvelle fois, fait péter une petite dizaine de feux d'artifice, avant d'aller se rincer le gosier un peu plus loin pour fêter la victoire.
(Inversement, quand on perd, c'est le calme plat. Ville fantôme et qui fait profil bas.)

 


Pour ce qui est de la foi, je vais vous donner une comparaison de globe-trotter un peu snob : il doit y avoir à Naples autant d'églises qu'il y a de mosquées à Istanbul (à vue de nez, deux mille). J'habite par exemple à côté d'une basilique avec une coupole magnifique qu'on voit bien du Vomero, pratique pour se repérer (photo ci-dessus)
Mais ce que je préfère à Naples, ce sont les autels de rues, ces "petites" icônes parfois (toujours?) kitsch, souvent encadrées par des petites loupiotes (kitsch: level up). 




Ceux qui me connaissent bien savent que le foot (le sport en général...) et la religion (catholique, du moins), c'est pas vraiment mon kiff, et j'ai gardé le meilleur pour la fin. Ladies and gentlemen... LA BOUFFE !
J'ai déjà pas mal parlé des plaisirs de la table dans quelques articles (la sauce Ricotta et noix, Scaturchio, Starita...) mais les spécialités italiennes et napolitaines méritent un petit peu plus de place.
L'Italie ce n'est pas que pâtes et pizzas (bon, ok, c'est la base). Rendons à César ce qui est à César, les pâtes ne sont pas comme chez nous, déjà. Primo, il y a un bon million de formes différentes : spaghetti, penne, macaronis, farfalle, rigatoni, lasagnes... Deuzio, des accompagnements par milliers : des sauces au ragù, bolo, pesto ; aux lentilles, aux pois chiches, aux tomates, aux aubergines, aux lardons... Les combinaisons s'étendent à perte de vue.
Pour les pizzas, bien sûr, la vraie pizza napolitaine est à l'image du drapeau italien : verte, blanche et rouge (basilic, mozza et sauce tomate). Mais existent aussi la pizza frite, la pizza ripiena, et une multitude de pizzas « rouges » ou « blanches » (respectivement avec ou sans tomate). Mes trois pizzas préférées du moment (ça change tout le temps):
  • la sicilienne (fromage, tomate et aubergines)
  • la Battipagliese du Rossopomodoro (tomates jaunes, parmesan, poivre)
  • la Ventura, du Rossopomodoro aussi (fromage, rucola, prosciutto)
    (j'ai récemment goûté une recette bizarro-intéressante: provola, saucisse et citrouille... une fois m'a suffi)
Naples, c'est aussi du poisson, forcément. A goûter absolument : les beignets d'anchois et n'importe quoi avec de la baccalà (morue). Si vous aimez les marchés de poisson (et avez un nez résistant), le marché de Montesanto est super sympa, les poissons sont énormes, ça crie de tous les côtés, ça glougloute dans les bassins, etc etc.
Pour faire court, qui dit Naples dit fritures et beignets en tout genre. Les antipasti traditionnels sont généralement des petits beignets de légumes, des crocchè (croquettes de pommes de terre), arancini (boulettes de riz à la mozza et aux petits pois, spécialité sicilienne), etc.

 NOMNOMNOM

Je me souviens de mes premiers jours au Vico où les élèves m'avaient posé une multitude de questions, et étonnamment, l'une d'elles revenait dans toutes les classes : « tu préfères la cuisine italienne ou la cuisine française ? ». Je me rappelle avoir bredouillé un « c'est pas comparable, ce ne sont pas les mêmes choses, j'aime les deux blablabla » mais soyons honnêtes : la nourriture française me semble beaucoup plus variée. C'est là que commence ma parenthèse critique, italiens susceptibles, non fare il muso !
La France n'est pas homogène et c'est ça qui me plaît, à mon sens c'est une mosaïque de cultures différentes et on le voit bien : aucun souci pour manger indien, chinois, japonais, mexicain... (à moins d'habiter dans un patelin, je l'admets). A Naples, j'ai eu l'impression que l'on est tellement fier de sa propre culture que l'on ne mange pratiquement que local. Chercher un kebab à Naples, c'est jouer à un Où est Charlie? halal. Alors bien sûr, à Naples on se régale, on baffre, on s'en lèche les oid, on s'en fout partout etc MAIS un peu de diversité ne ferait pas de mal ! (Ils ne connaissent même pas les fajitas Old El Paso! Pardonne leur Seigneur, ils ne savent pas ce qu'ils font)

En résumé, une des premières choses que je compte faire après mon retour en France, c'est me jeter sur un chicken tandoori et une choucroute, voilà.
Mais je me connais, au bout de quelques jours, j'aurais envie d'une bonne pizza...




mardi 20 mai 2014

Un giro a Bologna



J'ai passé quelques jours à Bologne la semaine dernière en compagnie de mon ami américain Paul qui m'a gentiment hébergé. 

Premiers ressentis de la ville : c'est CALME, trop calme (par rapport à Naples, bien sûr) et tout a l'air assez propre (toujours par rapport à Naples...), ce qui est pas mal drôle vu qu'un paquet de gens m'ont dit qu'ils trouvaient Bologne déjà assez crade et bordélique (petits joueurs...)
C'est une ville du Nord après tout et les Bolognais (Bolognesais ? Bolonais?) sont beaucoup plus ingénieux que les Napolitains, surtout au niveau de l'architecture – la ville est remplie d'arcades (portici) bien tiques-pra quand il pleuviote.


Les trois jours sont passés vite et dans un flou incertain (pas mal d'alcool en jeu), le tout dans une ambiance plutôt bon enfant puisque c'était la fin des examens à l'université américaine Johns Hopkins et la cérémonie des diplômes, à laquelle j'ai assisté : super sympa, les étudiants – toutes nationalités confondues – étaient très accueillants et j'ai réussi à communiquer avec ma ragougnasse linguistique (anglais bafouillé à cause du manque de pratique, italien au ragú napolitain, l'ensemble agrémenté de « putain, comment on dit ce truc » bien frenchy)
J'ai aussi goûté la pizza de Bologne (« ma che cazzo è questo ? Non è la vera pizza napoletana ! »), et j'ai bien peur que ce ne soit pire à Nancy...
En bref, une ville toute rouge de briques, des espaces verts très sympas, un bon séjour... Je conseille Bologne à tous (même si je suis team Sud, à la vie à la mort).
(Les photos ne sont évidemment pas de moi)




Thanks to all of you guys, it was nice meeting you and hope you came back/ will come back home safe and happy ! See you soon ! :)


PS: je serai de retour à Nancy dans quatre jours, j'espère avoir le temps d'écrire encore quelques articles, déjà pour vous raconter l'opéra que je vais aller voir jeudi au Teatro San Carlo... Non vedo l'ora!

vendredi 9 mai 2014

Naples en bref

Comme je l'ai dit, mon séjour à Naples touche à sa fin. J'en profite pour résumer ces neuf mois de galères, de oiej et autres à l'aide de photos et de vidéos:

EN IMAGES

  Le Blan Café, via Luca Giordano au Vomero, qui a été pendant un temps notre GQ de l'apéro

 J'intitulerais cette œuvre "La poisse" 


 Perugia, temple des chocovores


 Musée du Castel Sant'Elmo (Trad.: La femme a une tête trop petite pour l'intellect, mais cela suffit pour l'amour, sympa.)

 Plus de gaz dans la bonbonne, apologie du système D
 

 Ma soeur et moi de passage à Casa Infante: Fraise/Citron pour l'une, Citron/Melon pour l'autre



 Exposition "ROCK" au PAN (Palazzo degli Arti di Napoli) Icons will never die

 Voyage à Ravello avec mes parents (côte amalfitaine)


 L'inconscience de la mode en Italie (photo prise à Salerne)


Les toilettes de la gare: les Italiens ont du mal avec au-dessus/en-dessous... 

Boutique du musée de Paestum... AMEN


 Exposition au PAN, encore


Il se passe des choses étranges à Pompéi...




AVEC LE SON, C'EST MIEUX

 Mon appartement est vivant (part1)
(on voit pas grand-chose mais sur la tête de ma mère il y avait des bulles)

Mon appartement est vivant (part2)

Exposition permanente au MADRe (Musée d'art contemporain)

Le vent dans les cheveux à Procida



Et ce n'est que la partie visible de l'iceberg, les enfants...


jeudi 8 mai 2014

VICO, le bilan

Alors voilà, après sept mois de dur labeur (je blague, hein), je me suis retrouvée au chômage pas plus tard que la semaine dernière. 
Je ne voulais pas être prof avant de venir et rien n'a changé, même si j'ai globalement apprécié mon année au Vico. 

Pour être honnête, j'avais hâte d'en finir, l'ambiance était loin d'être agréable sur la fin avec certains profs, mais surtout avec le service compta/secrétariat – qui, avec toute la logique napolitaine dont il a su faire preuve, faisait grave la gueule parce que j'ai osé dire que j'étais pas payée régulièrement. (Ladies and gentlemen, let me introduce you... LA MAUVAISE FOI)

Les élèves n'ont rien à voir avec les élèves français. Je me souviens de mon lycée où toute la classe (voire tout l'établissement) était divisée en clans. En Italie, c'est impensable. D'après ce que j'ai vu, tout le monde s'entend avec tout le monde, la classe est comme une grande famille... (Pour un français c'est toujours un peu gênant au début de voir des élèves qui se font des câlins non stop ou qui pleurent après une interrogation: c'est une autre culture, Naples est une ville d'extravertis, ça nous fait passer, nous pauvres Gaulois, pour des gens froids et méfiants, et hélas, c'est un peu vrai.)
C'est le contact avec les élèves que j'ai préféré et j'aurais aimé qu'on me laisse plus de liberté avec eux. 


Petit extraits des quelques perles que j'ai trouvées dans des copies...
"L'homme doit être immeuble" (traduction ratée d'immobile...)
"La France veut montrer son primate" (primauté, je suppose)
"La nature nous permet de grossir" (mûrir)
Pour être fair play, parce que c'est pas sympa de se moquer, j'ai aussi sorti de belles perles en italien comme par exemple le magnifique "devo scoppare" (je dois baiser) au lieu de "devo scappare" (je dois m'échapper)...
 

Mon séjour napolitain touche à sa fin, je repars en France le 24 mai. Mon programme est à la fois chargé et tranquille pour profiter de la dolce farniente que j'aime tant: lectures au soleil sur le Lungomare, films en tout genre, demain Ischia, samedi concert, semaine prochaine Bologne et le jeudi 22 direction le Teatro San Carlo pour Pagliacci! 

A presto wajù