
Si on devait résumer Naples en trois
mots clé (et c'est pas facile), ce seraient bouffe, foot et foi.
(Belle allitération en F... merde alors, la fac de lettres me manque)
Le foot bien sûr : les couleurs
de l'équipe (bleu et blanc) sont visibles partout, petits et grands,
même les meufs (!) font des tifosi enragées,
et les soirs de match, c'est la folie. Moi qui n'ai pas la télé, je
peux dire quand un but a été marqué rien qu'en entendant les
klaxons/pétards qui pètent de partout dans le quartier... et c'est
de nouveau le silence. J'aime pas le foot et j'y comprends
approximativement quedal – généralement quand je croise un écran
géant un soir de match j'ai envie de crier « fuori gioco !
Fuori gioco ! » pour me fondre dans la masse, mais la
dernière fois qu'on m'a expliqué ce qu'était un hors-jeu, j'ai cru
faire un black out tellement ça me dépassait.
Une
fois le match (partita)
gagné, Naples explose une nouvelle fois, fait péter une petite
dizaine de feux d'artifice, avant d'aller se rincer le gosier un peu
plus loin pour fêter la victoire.
(Inversement, quand
on perd, c'est le calme plat. Ville fantôme et qui fait profil bas.)
Pour ce qui est de
la foi, je vais vous donner une comparaison de globe-trotter un peu
snob : il doit y avoir à Naples autant d'églises qu'il y a de
mosquées à Istanbul (à vue de nez, deux mille). J'habite par
exemple à côté d'une basilique avec une coupole magnifique qu'on
voit bien du Vomero, pratique pour se
repérer (photo ci-dessus)
Mais ce que je préfère
à Naples, ce sont les autels de rues, ces "petites" icônes parfois (toujours?)
kitsch, souvent encadrées par des petites loupiotes (kitsch: level up).
Ceux qui me
connaissent bien savent que le foot (le sport en général...) et la
religion (catholique, du moins), c'est pas vraiment mon kiff, et j'ai gardé le meilleur
pour la fin. Ladies and gentlemen... LA BOUFFE !
J'ai déjà pas mal
parlé des plaisirs de la table dans quelques articles (la sauce
Ricotta et noix, Scaturchio, Starita...) mais les spécialités
italiennes et napolitaines méritent un petit peu plus de place.
L'Italie ce n'est
pas que pâtes et pizzas (bon, ok, c'est la base). Rendons à César ce
qui est à César, les pâtes ne sont pas comme chez nous, déjà.
Primo, il y a un bon million de formes différentes : spaghetti,
penne, macaronis, farfalle, rigatoni, lasagnes... Deuzio, des
accompagnements par milliers : des sauces au ragù, bolo,
pesto ; aux lentilles, aux pois chiches, aux tomates, aux
aubergines, aux lardons... Les combinaisons s'étendent à perte de
vue.
Pour les pizzas,
bien sûr, la vraie pizza napolitaine est à l'image du drapeau
italien : verte, blanche et rouge (basilic, mozza et sauce
tomate). Mais existent aussi la pizza frite, la pizza ripiena, et une
multitude de pizzas « rouges » ou « blanches »
(respectivement avec ou sans tomate). Mes trois pizzas préférées
du moment (ça change tout le temps):
la sicilienne
(fromage, tomate et aubergines)
la
Battipagliese du Rossopomodoro (tomates jaunes, parmesan, poivre)
la Ventura, du
Rossopomodoro aussi (fromage, rucola, prosciutto)
(j'ai récemment goûté une recette bizarro-intéressante: provola, saucisse et citrouille... une fois m'a suffi)
Naples, c'est aussi
du poisson, forcément. A goûter absolument : les beignets
d'anchois et n'importe quoi avec de la baccalà (morue). Si vous
aimez les marchés de poisson (et avez un nez résistant), le marché
de Montesanto est super sympa, les poissons sont énormes, ça crie
de tous les côtés, ça glougloute dans les bassins, etc etc.
Pour faire court,
qui dit Naples dit fritures et beignets en tout genre. Les antipasti
traditionnels sont généralement des petits beignets de légumes,
des crocchè (croquettes de pommes de terre), arancini (boulettes de
riz à la mozza et aux petits pois, spécialité sicilienne), etc.
NOMNOMNOM
Je me souviens de mes
premiers jours au Vico où les élèves m'avaient posé une multitude
de questions, et étonnamment, l'une d'elles revenait dans toutes les
classes : « tu préfères la cuisine italienne ou la
cuisine française ? ». Je me rappelle avoir bredouillé
un « c'est pas comparable, ce ne sont pas les mêmes choses,
j'aime les deux blablabla » mais soyons honnêtes : la
nourriture française me semble beaucoup plus variée. C'est
là que commence ma parenthèse critique, italiens susceptibles, non
fare il muso !
La France n'est pas
homogène et c'est ça qui me plaît, à mon sens c'est une mosaïque
de cultures différentes et on le voit bien : aucun souci pour
manger indien, chinois, japonais, mexicain... (à moins d'habiter
dans un patelin, je l'admets). A Naples, j'ai eu l'impression que
l'on est tellement fier de sa propre culture que l'on ne mange
pratiquement que local. Chercher un kebab à Naples, c'est jouer à un Où est Charlie? halal. Alors bien sûr, à Naples on se
régale, on baffre, on s'en lèche les oid, on s'en fout partout etc
MAIS un peu de diversité ne ferait pas de mal ! (Ils ne
connaissent même pas les fajitas Old El Paso! Pardonne leur
Seigneur, ils ne savent pas ce qu'ils font)
En résumé, une des premières choses que je compte faire après mon retour en France, c'est me jeter sur un chicken tandoori et une choucroute, voilà.
Mais je me connais, au bout de quelques jours, j'aurais envie d'une bonne pizza...