mercredi 21 mai 2014

Italy is Eataly

Si on devait résumer Naples en trois mots clé (et c'est pas facile), ce seraient bouffe, foot et foi. 
(Belle allitération en F... merde alors, la fac de lettres me manque)

Le foot bien sûr : les couleurs de l'équipe (bleu et blanc) sont visibles partout, petits et grands, même les meufs (!) font des tifosi enragées, et les soirs de match, c'est la folie. Moi qui n'ai pas la télé, je peux dire quand un but a été marqué rien qu'en entendant les klaxons/pétards qui pètent de partout dans le quartier... et c'est de nouveau le silence. J'aime pas le foot et j'y comprends approximativement quedal – généralement quand je croise un écran géant un soir de match j'ai envie de crier « fuori gioco ! Fuori gioco ! » pour me fondre dans la masse, mais la dernière fois qu'on m'a expliqué ce qu'était un hors-jeu, j'ai cru faire un black out tellement ça me dépassait.
Une fois le match (partita) gagné, Naples explose une nouvelle fois, fait péter une petite dizaine de feux d'artifice, avant d'aller se rincer le gosier un peu plus loin pour fêter la victoire.
(Inversement, quand on perd, c'est le calme plat. Ville fantôme et qui fait profil bas.)

 


Pour ce qui est de la foi, je vais vous donner une comparaison de globe-trotter un peu snob : il doit y avoir à Naples autant d'églises qu'il y a de mosquées à Istanbul (à vue de nez, deux mille). J'habite par exemple à côté d'une basilique avec une coupole magnifique qu'on voit bien du Vomero, pratique pour se repérer (photo ci-dessus)
Mais ce que je préfère à Naples, ce sont les autels de rues, ces "petites" icônes parfois (toujours?) kitsch, souvent encadrées par des petites loupiotes (kitsch: level up). 




Ceux qui me connaissent bien savent que le foot (le sport en général...) et la religion (catholique, du moins), c'est pas vraiment mon kiff, et j'ai gardé le meilleur pour la fin. Ladies and gentlemen... LA BOUFFE !
J'ai déjà pas mal parlé des plaisirs de la table dans quelques articles (la sauce Ricotta et noix, Scaturchio, Starita...) mais les spécialités italiennes et napolitaines méritent un petit peu plus de place.
L'Italie ce n'est pas que pâtes et pizzas (bon, ok, c'est la base). Rendons à César ce qui est à César, les pâtes ne sont pas comme chez nous, déjà. Primo, il y a un bon million de formes différentes : spaghetti, penne, macaronis, farfalle, rigatoni, lasagnes... Deuzio, des accompagnements par milliers : des sauces au ragù, bolo, pesto ; aux lentilles, aux pois chiches, aux tomates, aux aubergines, aux lardons... Les combinaisons s'étendent à perte de vue.
Pour les pizzas, bien sûr, la vraie pizza napolitaine est à l'image du drapeau italien : verte, blanche et rouge (basilic, mozza et sauce tomate). Mais existent aussi la pizza frite, la pizza ripiena, et une multitude de pizzas « rouges » ou « blanches » (respectivement avec ou sans tomate). Mes trois pizzas préférées du moment (ça change tout le temps):
  • la sicilienne (fromage, tomate et aubergines)
  • la Battipagliese du Rossopomodoro (tomates jaunes, parmesan, poivre)
  • la Ventura, du Rossopomodoro aussi (fromage, rucola, prosciutto)
    (j'ai récemment goûté une recette bizarro-intéressante: provola, saucisse et citrouille... une fois m'a suffi)
Naples, c'est aussi du poisson, forcément. A goûter absolument : les beignets d'anchois et n'importe quoi avec de la baccalà (morue). Si vous aimez les marchés de poisson (et avez un nez résistant), le marché de Montesanto est super sympa, les poissons sont énormes, ça crie de tous les côtés, ça glougloute dans les bassins, etc etc.
Pour faire court, qui dit Naples dit fritures et beignets en tout genre. Les antipasti traditionnels sont généralement des petits beignets de légumes, des crocchè (croquettes de pommes de terre), arancini (boulettes de riz à la mozza et aux petits pois, spécialité sicilienne), etc.

 NOMNOMNOM

Je me souviens de mes premiers jours au Vico où les élèves m'avaient posé une multitude de questions, et étonnamment, l'une d'elles revenait dans toutes les classes : « tu préfères la cuisine italienne ou la cuisine française ? ». Je me rappelle avoir bredouillé un « c'est pas comparable, ce ne sont pas les mêmes choses, j'aime les deux blablabla » mais soyons honnêtes : la nourriture française me semble beaucoup plus variée. C'est là que commence ma parenthèse critique, italiens susceptibles, non fare il muso !
La France n'est pas homogène et c'est ça qui me plaît, à mon sens c'est une mosaïque de cultures différentes et on le voit bien : aucun souci pour manger indien, chinois, japonais, mexicain... (à moins d'habiter dans un patelin, je l'admets). A Naples, j'ai eu l'impression que l'on est tellement fier de sa propre culture que l'on ne mange pratiquement que local. Chercher un kebab à Naples, c'est jouer à un Où est Charlie? halal. Alors bien sûr, à Naples on se régale, on baffre, on s'en lèche les oid, on s'en fout partout etc MAIS un peu de diversité ne ferait pas de mal ! (Ils ne connaissent même pas les fajitas Old El Paso! Pardonne leur Seigneur, ils ne savent pas ce qu'ils font)

En résumé, une des premières choses que je compte faire après mon retour en France, c'est me jeter sur un chicken tandoori et une choucroute, voilà.
Mais je me connais, au bout de quelques jours, j'aurais envie d'une bonne pizza...




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